De chevaux, de machos et de bisounours

Absolument convaincu que nos chers chevaux méritent le plus souvent notre admiration, notre amour et nos récompenses, tant ils font d’efforts pour nous donner satisfaction dans des demandes qui relèvent pour la plupart de nos désirs personnels et n’ont rien à voir avec les leurs, je m’interroge cependant sur la façon dont on leur manifeste cette reconnaissance.

Dans les épreuves sportives, on voit souvent cette manifestation sous la forme de tapes vigoureuses et bien viriles sur l’encolure, comme des échanges entre potes dans une soirée euphorique. Mais je ne suis pas persuadé que nos chevaux, même s’ils les tolèrent, comprennent bien cette façon très humaine et très « mâle » de s’exprimer de l’affection. Dans les troupeaux en liberté, on ne voit guère cette manifestation, même entre chevaux qui s’entendent parfaitement.

A l’inverse, et surtout chez les équitants sentimentaux et affectifs, on voit cette manifestation sous la forme de bisous sur le nez ou la tête ou l’encolure. Outre que ça vous met du poil plein la figure, surtout au printemps, ça ne ressemble pas non plus à du « parler cheval ».

Quand deux chevaux, qui ne se fréquentent pas habituellement, approchent leurs naseaux l’un de l’autre, c’est pour faire connaissance par leurs odeurs, sans se toucher et avec beaucoup de prudence. Ça se termine souvent par un piaffer des antérieurs qui signifie « Hélà! Je suis chez moi. Reste à ta place. »

Sinon, un animal qui approche sa bouche (gueule) de la tête d’un cheval est naturellement interprété comme un dominant de mauvais poil ou un prédateur qui veut le mordre ou le manger, pas comme un copain qui veut faire un câlin. Il peut en résulter des mouvements de défense particulièrement peu sympathiques.

Par contre, on constate qu’ils aiment bien les grattouilles, qu’ils se les prodiguent eux-mêmes contre un tronc d’arbre ou réciproquement lors de séances de grooming mutuel. C’est pourquoi je préfère cette forme de récompense (il y en a d’autres, mais celle-ci est toujours immédiatement disponible). Quand je la décide, gratuitement ou en réponse à une bonne action, bien sûr! Pas quand c’est lui qui vient se gratter sur mon épaule ou mon dos, en me considérant juste comme un arbre mal planté, pas fichu de résister correctement à sa pression et à son énergie.

Ces remarques faites, vous, équitants, manifestez votre amitié à votre cheval comme vous le vous voulez. Je souhaite seulement que chacun sache bien si ce qu’il fait est naturel pour un cheval ou pas et, si non, qu’il s’assure au moins que son équidé est bien désensibilisé à ces formes très humaines et pas du tout équines de « communication sympathique ».

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