Vérifier (et corriger) le respect de votre cheval

Votre cheval peut-il être connecté positivement à vous (et réciproquement) et pourtant vous manquer de « respect »? Eh bien oui.

Sa connexion est le signe de son intérêt pour vous. Il ne vous craint pas, ni ne vous ignore. Pourtant, pendant plus ou moins longtemps et peut-être avec vos encouragements inconscients, il va chercher sa position dans ce binôme que vous formez. Comme son congénère sauvage vis à vis de chacun des membres de sa harde, il va chercher dans la confrontation sa position entre dominant, dominé ou quelque chose d’intermédiaire entre les 2 où il pourra éventuellement être l’un à certains moments et l’autre à d’autres. Et le fait qu’il admette une position de dominé à un moment de sa vie ne signifie pas qu’il ne la remettra pas en question un peu plus tard, quand il aura mûri, pris de la force, de l’expérience et de la confiance en lui.

C’est pourquoi, pour un binôme sécuritaire, vous devez établir une relation connectée dans laquelle vous êtes clairement le dominant, pour ne pas être chahuté par cette masse de muscles et d’énergie. Et ce n’est pas évident, car il est bien attendrissant et séducteur, le bougre! Lequel d’entre nous n’a pas cédé à la tentation de le laisser se frotter contre nous pour « un gros câlin ». Sauf que ce n’est pas un gros câlin, mais qu’à ce moment, il nous prend seulement pour un arbre contre lequel se gratter, pas pour son leader et encore moins pour son partenaire. Seulement pour un paillasson sur lequel se frotter les pieds. Mais nous ne devons pas être un paillasson: nous sommes trop fragiles et lui beaucoup trop costaud pour le laisser faire. C’est déjà dangereux pour un jeune adulte. Mais pensez qu’il fera de même avec un enfant ou avec une personne âgée ou fragile. C’est donc un comportement inacceptable, à corriger au plus vite. Dans cette attitude, c’est lui qui mène la danse, qui vous fait bouger. Et qui ne comprendra rien, quand pour le travail ou la sécurité, vous voudrez reprendre la direction du binôme.

Autres exemples d’irrespect:

  1. Il vient vers vous avec trop d’énergie et ne s’arrête  qu’en vous bousculant ou en cherchant immédiatement dans vos poches une sucrerie quelconque. L’arrêter de façon autoritaire à distance respectueuse, au moins une longueur de bras. Cela n’interdit pas d’entrer dans sa bulle ou de l’inviter dans la vôtre, à votre initiative, pour une caresse ou une grattouille, si son attitude est correcte ou s’il vient de réussir un exercice.
  2. En liberté ou en longe, il vous suit et c’est ce que vous vouliez. Mais quand vous vous arrêtez, il n’en fait pas immédiatement autant et vous rentre dedans. Signe d’inattention et d’irrespect. Faites le immédiatement reculer pour retrouver une distance de respect. Vous pouvez le faire par exigence physique (pression du licol ou appui sur le nez vers l’arrière) ou par suggestion (« arrière », agitation vers lui d’un doigt, de la main ou d’un coude par ordre croissant d’intensité). Avec l’intensité nécessaire et suffisante pour obtenir ce recul, même si au début vous devez sévir avec une badine. Et recommencer sans vous lasser jusqu’à ce que le pointer du doigt suffise.
  3. Mené en longe, il vous bouscule, vous dépasse et vous tracte. Faites le tourner rapidement autour de vous avant que son élan ne vous éclate la tête dans un mur et faites le bouger en tournant autour de vous et en le faisant changer de direction à plusieurs reprises. Ce rappel de qui fait bouger les pieds de l’autre va rapidement le remettre une situation d’inconfort lui faire chercher une autre réponse qui lui soit plus profitable.
  4. Tenu en longe ou en liberté, il se cabre devant vous pour vous impressionner, voire vous agresse en battant des antérieurs. Mettez vous à l’abri d’abord et rendez cette attitude inconfortable immédiatement par une menace de longe et en l’éloignant de vous. Et ne le laissez revenir vers vous que dans une attitude calme.
  5. Près de vous, il est généralement joueur comme avec ses congénères et n’hésite pas à mordiller (ou mordre) vos cheveux ou vos vêtements.  Si ce n’est qu’une menace, menacez le aussi d’une main agitée vers son nez. Ça devrait suffire. Mais s’il le fait vraiment, mettez une tape sur les dents ou une chiquenaude sur le nez. Si besoin, allez jusqu’à la tape sèche sur le nez sans état d’âme: les chevaux entre eux se remettent à l’ordre de façon bien plus violente!
  6. Au pansage, il bouge souvent sans raison (impatience?, défaut d’apprentissage de l’immobilité?) et vous marche dessus. D’abord, repoussez le sans vous arracher les orteils. Ensuite et immédiatement appuyez sur son sabot avec votre pied pour lui procurer de l’inconfort et l’obliger à s’écarter de vous. S’il continue à bouger, faites le bouger comme dans l’exemple 3 ci-dessus. Sans hésiter à renouveler ce rappel à l’ordre.
  7. Au montoir, il n’attend pas que vous soyez en selle ni que vous lui ayez demandé pour démarrer à vive allure. Si vous n’êtes pas encore en selle, redescendez et faites le bouger comme précédemment. Si vous êtes en selle, faites le tourner très vite et très court pour le mettre dans l’inconfort ou demandez lui immédiatement un arrêt et un reculer rapide d’autant de pas qu’il a fait sans votre permission. Puis arrêtez le quelques secondes pour lui laisser le temps d’assimiler la demande d’immobilité.
  8. D’une façon générale, au travail au sol comme monté, restez le leader et demandez lui beaucoup (il vous le donnera volontiers) sans attendre qu’il prenne des initiatives inappropriées. S’il change de direction ou d’allure ou décide d’improviser un rodéo sans votre permission, demandez lui (et exigez de lui) immédiatement l’inverse. En matière d’éducation du cheval, l’esprit de contradiction est plutôt une bonne chose. Quand les règles seront pleinement établies, nous pourrons nous autoriser un peu de laxisme de temps en temps, par exemple en balade, mais toujours avec attention et prêts à reprendre la main s’il dérape.

Tous ces exemples ne sauraient être exhaustifs, bien sûr. C’est à vous d’être attentifs au comportement de votre cheval, d’analyser tout ce qu’il peut avoir d’inapproprié et de le corriger immédiatement avant qu’il n’en fasse une mauvaise habitude.

A l’inverse, vous êtes son leader et vous devez le mener fermement, mais dans le respect de ce qu’il est, de sa nature. Par exemple, ne pas le punir par énervement ou maladresse d’un comportement inapproprié pour vous mais qui correspond à un réflexe naturel de crainte ou de défense pour lui. Pour cela, il faut lui apprendre à modifier ces comportements naturels par l’attention à vos consignes. Sinon, il perdra confiance en vous et se comportera comme vis à vis d’un prédateur.

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